Guide· January 11, 2026· 10 min read

Préparer un voyage à Séoul : tout ce que j'aurais aimé savoir avant de décoller

Visa, carte Wise, T-money, SIM coréenne, Hangul : mes conseils pratiques pour préparer un voyage à Séoul sans refaire mes erreurs, après deux mois sur place en freelance.

By Litchie

J'étais déjà allée en Corée avant ce séjour de deux mois. Les grands quartiers de Séoul, les restaurants connus, un aller-retour à Busan : je pensais avoir couvert les bases.

J'ai quand même accumulé les erreurs.

Si vous êtes en train de préparer un voyage à Séoul, cette liste est celle que j'aurais voulu avoir en main à l'aéroport de Bruxelles en septembre. Rien de dramatique, mais chacun de ces points m'aurait fait gagner du temps, de l'argent ou les deux.

Préparer un voyage à Séoul : l'essentiel en six points

  • Visa : l'entrée sans visa de 90 jours pour les passeports de l'UE couvre un séjour de deux mois de travail à distance.
  • Logement : les plateformes coréennes sont 20 à 30 % moins chères que les sites internationaux de courts séjours.
  • Argent : commandez une carte Wise avant de partir et prévoyez un peu de wons en liquide. Un compte bancaire coréen ne vaut la peine qu'au-delà de trois mois.
  • Transport : carte T-money physique, à recharger en liquide. Plus compliqué que prévu quand on arrive du Japon.
  • Téléphone : SIM prépayée KT ou SK Telecom à l'aéroport, environ 30-40 € par mois pour 5 Go.
  • Coréen : lire le Hangul aide énormément la première semaine. Pour le reste, il faut de vrais cours.

Le visa : plus simple que ce que raconte internet

Avec un passeport belge, français, néerlandais, allemand ou de la plupart des pays de l'UE, vous entrez en Corée sans visa pour 90 jours. Largement de quoi couvrir huit semaines.

Une obligation quand même : le K-ETA, l'autorisation électronique de voyage, à demander en ligne avant le vol. Elle est valable trois ans et elle n'est pas optionnelle.

Au-delà de 90 jours, il faut un autre visa : étudiant (D-2/D-4), workation (F-1-D, qui exige un employeur étranger et exclut donc les freelances en entreprise individuelle), conjoint ou travail. Le visa « digital nomad » lancé en 2024 ne s'applique pas à la plupart des freelances. Dans les faits, beaucoup d'étrangers en séjour prolongé font simplement un visa run.

Logement : passez par les plateformes coréennes

La plus grosse économie que je ferais la prochaine fois : réserver un séjour mensuel directement sur une plateforme coréenne plutôt que sur un site international.

Ce qui fonctionne :

  • Naver Real Estate, la plateforme immobilière dominante en Corée. Les annonces sont en coréen, Google Translate fait le travail, et les agents répondent dans un anglais fonctionnel.
  • Goshipages et Zigbang, deux applications mobiles pour les locations au mois.
  • Les groupes Facebook d'expats à Séoul, utiles pour reprendre la location d'un étranger qui s'en va.

Ce que j'éviterais pour plus de trois semaines : payer un tarif à la nuit multiplié par soixante. La prime des plateformes internationales tourne autour de 30 à 50 %.

Cas particulier : si vous passez par une école de langue, l'hébergement inclus peut valoir le coup. C'était mon cas chez EF, et le tarif était correct. Vérifiez juste le temps de trajet à l'heure de pointe avant de signer, j'y reviens dans mon avis sur EF International School.

L'argent : une carte Wise avant de partir

C'est le point le moins bien expliqué dans les articles sur la Corée.

Les distributeurs coréens facturent des frais élevés sur les cartes étrangères, environ 3 à 5 € par retrait. La plupart des cartes de débit non coréennes ajoutent une commission de conversion de 1 à 3 %. En retirant souvent, la facture grimpe vite.

La solution : une carte Wise ou Revolut Premium. Les deux convertissent à un taux proche du marché et suppriment l'essentiel des frais de retrait dans des limites raisonnables. Commandez-la au moins deux semaines avant le départ pour recevoir la carte physique à Bruxelles.

Prévoyez aussi un peu de liquide. 100 € changés en wons à l'aéroport de Bruxelles suffisent pour les premières 24 heures : le taxi depuis Incheon, le premier dîner, la première recharge T-money. Ne comptez pas tout régler par carte.

Un compte bancaire coréen ? Seulement si vous restez trois mois ou plus. En dessous, la paperasse coûte plus cher que les économies.

La carte T-money, ou la friction du transport

La carte de transport coréenne, la T-money, reste une carte plastique physique qu'on recharge en liquide aux bornes des stations de métro. Quand on arrive du Japon et de la Suica sur iPhone, c'est un pas en arrière pour les étrangers.

Ce que j'aurais dû savoir :

  • Achetez la T-money dès l'aéroport, dans une supérette. Comptez 3 000 à 4 000 wons pour la carte elle-même.
  • Rechargez en liquide dans les stations de métro. Toutes les machines n'acceptent pas les cartes étrangères, même quand elles le prétendent.
  • Rechargez de grosses sommes d'un coup. Les petits retraits répétés se paient en frais de distributeur sur deux mois.
  • Le T-money mobile existe, mais il demande souvent un numéro coréen ou un compte bancaire local. Inaccessible à la plupart des visiteurs.

J'ai raconté toute l'histoire dans l'article sur le paradoxe des cartes de transport.

Une carte SIM coréenne dès l'aéroport

L'aéroport d'Incheon a des comptoirs KT et SK Telecom qui vendent des forfaits prépayés à l'arrivée. Un forfait de 30 jours avec 5 Go et appels illimités en Corée coûte environ 30-40 €. Passeport étranger accepté, paiement par carte, activation sur place.

Cette SIM débloque la moitié de l'infrastructure numérique coréenne : les applis de livraison qui exigent un numéro vérifié, les applis de taxi, les réservations de musées, certains achats en ligne. Sans numéro coréen, vous restez coincé dans la version « pour étrangers » de tout, avec ses limites.

Gardez votre SIM belge active en ligne secondaire si votre téléphone gère la double SIM. La plupart des opérateurs européens ont des options de données à l'étranger peu chères.

Apprendre le Hangul dans l'avion

Trois heures de vol suffisent pour apprendre l'alphabet coréen. C'est le meilleur rapport effort-bénéfice de tout un voyage en Asie de l'Est.

Concrètement, lire le Hangul vous donne :

  • des menus lisibles, pas forcément compris, mais lisibles
  • des noms de stations de métro qui ne sont plus un exercice de mémoire
  • des enseignes de magasins compréhensibles d'un coup d'œil
  • la possibilité de demander « c'est du kimchi ou du kimchi jjigae ? » avec une chance d'avoir la bonne réponse

Ce que ça ne donne pas : une vraie conversation. Pour ça, il faut du coréen structuré. En six semaines de cours en groupe chez EF, j'ai atteint un A2 solide avec un pied en B1.

Manger à Séoul : ce que personne ne m'avait dit

  • Les banchan sont gratuits. Ces 6 à 12 petits plats d'accompagnement ne sont pas facturés. Ne les laissez pas de côté.
  • Le menu en coréen est souvent moins cher que sa version anglaise dans le même restaurant. Encore un point pour le Hangul.
  • La nourriture de supérette est étonnamment bonne. Le gimbap du 7-Eleven à 1h du matin, c'est un vrai repas.
  • Les restaurants célèbres imposent des files de plusieurs heures. La plupart ont un équivalent de quartier avec deux fois moins d'attente.
  • Végétarien est plus difficile que végétalien. La cuisine bouddhiste coréenne (sachal eumsik) est entièrement végétale et assez facile à trouver, alors que la cuisine coréenne classique cache souvent du poisson ou du bouillon de bœuf.

Les cafés, un poste de budget à part entière

Des cafés de spécialité partout, et une vraie culture du travail sur place. Un Americano coûte à peu près le même prix qu'à Bruxelles, pour un café nettement meilleur.

Mon conseil : choisissez trois cafés en rotation dès la première semaine, avec une commande habituelle. Le personnel s'en souviendra dès la deuxième.

Et fixez-vous un budget café. Le coût cumulé sur deux mois est bien réel, je l'ai appris en faisant mes comptes de fin de séjour.

Ce qui m'a surprise en arrivant

  • Séoul se refroidit plus vite que Bruxelles. Dès la mi-octobre, le vent pique. Emportez un vrai manteau.
  • Travailler au café est la norme : prises, Wi-Fi, tolérance de quatre heures.
  • Le système médical est accessible aux étrangers. Une consultation payée 60 € en liquide, remboursée sans discussion par mon assurance voyage belge.
  • Les pharmacies fonctionnent autrement. Les médicaments contre le rhume se vendent en cures de sept jours combinant plusieurs composants. Pas chers, efficaces, parfois surprenants dans la composition.
  • Le métro ferme vers minuit sur la plupart des lignes. Prévoyez un budget taxi pour les soirées longues.

Ce qui m'a surprise en repartant

  • La nourriture occidentale à Séoul est hors de prix. Un brunch « à l'occidentale » dans un endroit à la mode à Hannam coûte plus cher qu'à Bruxelles, pour un résultat moins bon.
  • Les applis de taxi pour étrangers sont décevantes. KakaoTaxi demande un numéro coréen, et les alternatives sont irrégulières.
  • Les toilettes publiques sont partout : stations de métro, parcs, grands magasins. L'angoisse du « où sont les toilettes » que j'avais emportée de Bruxelles a disparu en deux semaines.
  • Marcher seule la nuit, en tant que femme, change complètement. Le réflexe de vigilance s'éteint en quelques jours. J'en parle plus longuement dans mon article sur l'équilibre travail-vie à Séoul.

Ma check-list avant le départ

  • Demander le K-ETA en ligne.
  • Commander une carte Wise, et changer 100 € en wons.
  • Réserver le logement via une plateforme coréenne si possible.
  • Acheter la T-money à l'aéroport d'Incheon.
  • Passer trois heures sur le Hangul dans l'avion.
  • Emporter un vrai manteau : l'automne coréen mord plus tôt qu'on ne le croit.
  • Repérer trois cafés la première semaine.
  • Si le budget le permet, prendre un cours de langue. La structure compte autant que la grammaire.

FAQ

Faut-il apprendre le coréen avant de partir ?

Non, mais apprenez le Hangul dans l'avion. Trois heures d'effort pour un bénéfice quotidien pendant tout le séjour.

Ma carte bancaire européenne passe-t-elle partout ?

Presque partout. Les petits restaurants et les marchés traditionnels préfèrent le liquide, et certains vieux commerces refusent toutes les cartes étrangères. Gardez l'équivalent de 50 € en wons sur vous.

Quel temps fait-il de septembre à novembre ?

Septembre : chaud, parfois humide. Octobre : idéal, frais, ensoleillé, peu d'humidité. Novembre : nettement plus froid, avec du vent. Prévoyez des couches.

Avant de boucler votre valise

Je suis partie mieux préparée que pour mes voyages précédents, et j'ai quand même mal évalué plusieurs points : la friction de la carte de transport, le budget café, le prix des produits occidentaux, la prime des plateformes de logement.

Rien de tout ça n'a gâché le séjour. Tout aurait juste été plus simple avec cette liste sous la main. Commencez par les six points du début, ajoutez le reste à mesure que la date approche. La Corée pardonne les erreurs, et deux mois passent bien plus vite qu'on ne le croit.

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