Guide· October 5, 2025· 7 min read

Vivre à Gangnam-Seocho : mes deux premières semaines à Séoul

Vivre à Gangnam, côté Seocho : un quartier plus calme que prévu, des restos ouverts 24h/24, des cafés où travailler et une carte T-money agaçante. Ce que j'ai appris en deux semaines.

By Litchie

Je suis à Séoul depuis deux semaines maintenant, et vivre à Gangnam, côté Seocho, ne ressemble pas du tout à l'image que je m'en faisais.

L'hôtel où je loge est petit. Dès le troisième jour, je savais où se trouvait chaque prise. Le cours de coréen chez EF a pris son rythme. Le travail est chargé : dernier trimestre, nouveaux projets, beaucoup de décisions à prendre, appels clients tardifs.

Et je mesure doucement la différence entre visiter une ville et y vivre. Elle est plus grande que je ne le pensais.

En deux mots

  • Gangnam-Seocho n'est pas ce que les étrangers imaginent. Le cliché de la vie nocturne se limite à une petite zone. Le reste est calme, résidentiel, familial.
  • Les supermarchés du coin sont très petits. Comme je comptais manger dehors, je n'ai pas cherché plus grand.
  • Il y a beaucoup de restaurants ouverts 24h/24 à proximité. C'est ma plus grande surprise, et ça a changé tout mon rythme.
  • Travailler depuis les cafés fonctionne vraiment ici. C'est le mode par défaut des freelances coréens, et ça se sent.
  • EF m'aide à rencontrer des gens plus que prévu. Le côté social est un vrai bonus.
  • Une frustration inattendue : la carte de transport. J'y consacrerai un article.

Le quartier : loin du cliché de la station Gangnam

La plupart des étrangers connaissent Gangnam-Seocho à cause de la station Gangnam. Cette partie-là est bruyante, pleine de néons, clairement tournée vers les touristes.

Le reste du district est différent. À cinq minutes au sud de la rue commerçante principale, on tombe sur un quadrillage résidentiel. Petits immeubles, cafés dans les rues secondaires, un pressing, une papeterie, un boucher, deux petites épiceries, un hagwon pour enfants au coin de la rue.

Des adolescents en uniforme rentrent de l'école en fin d'après-midi. Des couples avec poussettes. Des hommes plus âgés qui jouent à un jeu de société dans un petit parc - je ne sais toujours pas lequel.

Il y fait calme. Je ne m'attendais pas à ça pour une adresse « centrale » de Séoul.

Mon immeuble a un 7-Eleven au rez-de-chaussée, une boulangerie deux portes plus loin, un arrêt de bus juste devant. Le métro est à une dizaine de minutes à pied. Je rentre parfois à 1h du matin après des appels clients, et je n'y pense même pas. C'est ce côté de Séoul que je remarque sans cesse.

Manger dehors tous les jours : le plan a fonctionné

Je suis arrivée avec une idée simple : la nourriture coréenne est bon marché, les restaurants sont partout, je mangerai dehors. C'est exactement ce qui s'est passé.

Un vrai déjeuner coréen - bibimbap, kimchi jjigae, banchan - coûte entre 8 000 et 12 000 KRW, soit 5,50 à 8 euros. Les nouilles froides au kalguksu du coin sont à 9 000 KRW. Un café près de l'hôtel coûte 4 500 KRW.

À Bruxelles, ces prix seraient doublés. Et la nourriture ne serait pas aussi bonne. Je détaille tout ça dans mon budget réel pour deux mois à Séoul.

Les supermarchés autour de moi sont très petits, différents d'un supermarché européen moyen : plus compacts, centrés sur l'essentiel. Je n'ai pas cherché plus grand puisque je comptais manger dehors. Pour moi, ça a parfaitement fonctionné.

Les restaurants ouverts 24h/24, ma vraie surprise

C'est ce qui m'a le plus étonnée en deux semaines.

À distance de marche de l'hôtel, il y a énormément de restaurants ouverts 24h/24. De vrais restaurants, pas seulement des konbini. Vous terminez un appel client à 2h du matin ? Vous pouvez encore vous asseoir et manger un vrai repas.

Je savais que Séoul vivait tard. Je ne réalisais pas à quel point, ni avec autant de vraies options.

Pour quelqu'un qui finit souvent de travailler entre 2 et 4h du matin, ça change complètement la sensation de la journée. Ça peut sembler anodin, mais c'est la différence entre « j'ai travaillé jusqu'à 3h et il n'y a plus rien » et « j'ai travaillé jusqu'à 3h et je peux manger un vrai repas avant de dormir ».

Travailler dans les cafés à Séoul

La culture du café-bureau à Séoul est réelle, abondante, et étonnamment bonne.

La plupart des cafés de Gangnam-Seocho ont des prises à presque toutes les tables, un Wi-Fi qui fonctionne, une tolérance tacite pour rester trois heures avec un Americano, un bruit de fond assez faible pour prendre un appel, et des horaires qui conviennent aux lève-tôt comme aux couche-tard.

Je partage ma semaine entre un petit espace de coworking, un jour par semaine quand j'ai besoin d'un vrai setup vidéo, et trois cafés différents à distance de marche. De la variété, et un peu de lien social aussi : le personnel du deuxième connaît déjà ma commande.

À Bruxelles, ce mode de travail demande plus d'efforts. Quels cafés tolèrent les ordinateurs ? Où le Wi-Fi tient-il la route ? Les chaises sont-elles vivables pendant quatre heures ? À Séoul, la réponse par défaut est simplement oui. Quand on doit travailler de longues heures, ça change beaucoup de choses.

Les cours chez EF et le côté humain

Je me suis inscrite au programme du matin chez EF en partie pour apprendre, en partie pour rencontrer des gens. C'est le côté humain qui m'a surprise.

L'école rassemble des nomades digitaux, des étudiants en échange, des personnes en milieu de carrière en congé sabbatique, et quelques Coréens de retour après un séjour à l'étranger. Les déjeuners et les cafés après les cours ont créé un petit groupe avec qui je passe maintenant du temps à Séoul.

Je ne savais pas à quoi m'attendre d'une classe pleine d'inconnus, et c'est devenu l'un des moments les plus chaleureux du voyage jusqu'ici. Je publierai un avis complet sur l'école une fois le cours terminé, en novembre.

La frustration inattendue : la carte T-money

Ce qui m'a le plus agacée en deux semaines est tout petit. C'est la carte de transport.

Au Japon, j'ai l'habitude de mettre la carte Suica dans l'Apple Wallet, de la recharger depuis le téléphone, de valider en entrant et en sortant. En Corée, la carte T-money est encore un objet en plastique.

Pour la recharger, il faut du liquide, en won, à un distributeur dans une station de métro. En tant qu'étrangère sans compte bancaire coréen ni numéro local, les options mobiles pour T-money sont pratiquement fermées.

C'est un détail, mais un détail exaspérant quand on est en retard et qu'il faut d'abord trouver un distributeur qui accepte une carte étrangère, retirer de l'argent, puis recharger la carte pour un seul trajet de métro. Le contraste avec le Japon mérite un article entier, que j'écrirai.

Ce sur quoi je me suis trompée

Deux choses, après deux semaines.

Je me suis trompée sur le Hangul. Pouvoir déchiffrer les panneaux aide pour les trente premières secondes de n'importe quelle interaction. Après, ça ne suffit plus. Une vraie conversation demande soit un niveau de coréen que je n'ai pas, soit un anglais que la personne en face parle ou non. La bonne volonté que déclenche la lecture du Hangul est réelle, mais limitée.

Je me suis trompée sur la nourriture. Je pensais que huit semaines de cuisine coréenne finiraient par me lasser. Après deux semaines, c'est l'inverse. Je découvre sans arrêt des spécialités régionales et des catégories que je ne connaissais pas : le kalguksu, le dakhanmari, le comptoir à kimbap, le bunsik, le petit stand spécialisé en fruits de mer. Chacun est un monde à part. Je ne m'ennuie pas, et je ne pense pas que ça arrivera.

Quelques conseils pratiques

  • Si vous restez plus de deux semaines, choisissez un logement dans une zone résidentielle d'un quartier connu, pas sur sa rue principale. Les rues secondaires de Gangnam-Seocho sont plus calmes et un peu moins chères qu'à Itaewon ou Hannam.
  • Si vous ne voulez pas cuisiner, vous n'en avez vraiment pas besoin ici. Les restaurants sont bons, abordables, et beaucoup restent ouverts très tard.
  • Choisissez trois cafés à faire tourner : un calme, un avec de la bonne nourriture, un près du métro. Vous aurez besoin des trois selon l'humeur.
  • Prévoyez du liquide pour la carte de transport. Ou acceptez que votre première semaine passera par quelques détours aux distributeurs.
  • Si vous apprenez le coréen pendant deux mois, passez par une école. Pas seulement pour la langue : la structure et le petit réseau social font vraiment partie de la valeur.

FAQ

Gangnam-Seocho est-il un bon quartier pour séjourner à Séoul ?

Oui, à condition de vouloir être bien connecté sans vivre au cœur des rues les plus animées. Certaines parties de Gangnam sont très intenses, mais là où je loge, c'est résidentiel, calme et facile à vivre au quotidien.

Est-il facile de travailler depuis les cafés à Séoul ?

Très facile, d'après mon expérience. Beaucoup de cafés ont le Wi-Fi, des prises et assez d'espace pour un ordinateur portable. Comparé à la Belgique, je me sens beaucoup moins gênée d'y rester plusieurs heures pour travailler.

Qu'est-ce qui m'a le plus surprise après deux semaines à Séoul ?

La rapidité avec laquelle une routine s'est installée. Je pensais que Séoul serait excitante mais un peu écrasante. En réalité, la vie quotidienne à Gangnam-Seocho est plus calme que prévu, rythmée par les cafés, les cours de coréen, les konbini et le travail.

Deux semaines, déjà un autre regard

Deux semaines, ce n'est pas long. Mais c'est assez pour casser les idées reçues que deux visites précédentes avaient doucement construites.

Je suis arrivée en pensant connaître Séoul. Après deux semaines, je sais surtout ce que voient les touristes, et je commence à apercevoir autre chose en dessous. Le quartier est plus calme que sur les brochures. Les restaurants 24h/24 sont meilleurs que ce que je croyais possible. La carte de transport est plus agaçante que prévu. Les cafés sont meilleurs que nécessaire.

Et le côté humain a été la plus belle partie. Je profite de cette expérience plus que je ne l'avais imaginé. C'est aussi ça, l'expérience.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Elle sert uniquement à la modération.